Cette unité indissoluble de l’être humain !

"Borné dans sa nature,

infini dans ses vœux,

L’homme est un dieu tombé,

qui se souvient des cieux "

 

"Mon âme

est à l’étroit

dans sa vaste prison il me faut un séjour

qui n’ait pas d’horizon"

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

 

L’âme serait donc la moitié de moi-même !

Mais seul mon corps est certain...

L’âme restant incertaine.

Pour comprendre l’âme il faut retrouver tout ce qui en a été dit dans l’histoire de l’humanité ! Des millénaires de luttes ininterrompues dans nos civilisations...

Avons-nous une âme ? 

Nous pouvons avoir une âme, si nous la cultivons et l’entretenons ! 

Pouvons-nous avoir des âmes mortes comme il y a des étoiles éteintes ?

 

La mort "totale",

 

"définitive" en quelque sorte,

 

 était impensable

 

pour les Égyptiens anciens !

 

Nos anciens avaient bien une "âme" !

Ainsi la civilisation égyptienne, pendant trois mille ans, va être la première à avancer une réflexion approfondie sur les différentes parties de l’être humain. L’ensemble paraît bien complexe, cela semble du au passage d’une conception primitive à une forme plus évoluée. Aussi, d'aucuns pourraient avoir à l'esprit que les égyptiens étaient obsédés par la mort.

 

Une idée qui pourrait se retrouver renforcée d'ailleurs par :

  • Une bien meilleure conservation de leurs dernières demeures vis-à-vis de leur véritable lieu de vie, leurs villages, leurs cités, leurs maisons,...
  • ...
  • Ainsi comme les textes funéraires, ils ont en tout cas permis d'étudier la complexité des "croyances" de ce peuple.

Toutefois...

Dire qu'ils étaient intéressés par la mort n'est pas conforme à la pensée qu'ils avaient d'elle.
 

Approfondissons donc les "attitudes" de cette civilisation devant la vie et la mort :

  • Introduisons les préparatifs de ce qui les attendaient dans l'au-delà...
  • Les "croyances religieuses",
  • Les cultes,
  • Ainsi, les coutumes funéraires des égyptiens anciens représentaient une série de prévisions, d'obligations,..., qui seront analysés dans le but de comprendre comment devait être finalement l'autre existence : The after life.

 

 

Ils nous transmettent ainsi

 

un vrai symbole de vie !

 

En fin de compte...

Tous les êtres vivants se trouvent, d'une certaine manière, en relation avec le monde.

Mais chez l'homme…

Ce rapport se trouve profondément altéré parce que l'Homme seul (Du moins, c’est ce que nous subodorons… !) sait qu'il va mourir.

 

Cette évidence insoutenable, il va l'affronter avec :

  • Toutes les ressources de son intelligence,
  • ...
  • Cette espérance de quatre millénaires fut l'un des facteurs déterminants de cette prise de conscience.

 

Cet obstacle, il va tantôt :

  • Le nier,
  • Le contourner,
  • Le surmonter,
  • ...

 

Ainsi Bâ, cette "âme naturelle" était fixée dans la forme corporelle au caractère Osirien et subissait les renaissances cycliques. Son symbole, dans ce sens, était le bélier aux cornes horizontales.

Bâ "âme humaine"...

Nous voilà avec cet oiseau à tête humaine, qui allait et venait du ciel à la terre errant auprès de son corps jusqu’à ce que la purification du Ka-djet puisse permettre leur réunion !

Bâ, la forme est ce qui correspondrait le plus à notre notion d’âme, mais selon une réalité toute différente !

Il s’agissait de la forme du corps.

L’ "âme" n’était rien d’autre que la l'apparence du corps, qui gardait une forme humaine après la mort. D’où l’importance des rituels d’embaumement et de momification. L’homme conservait une "âme" tant que son corps gardait sa forme humaine et ne se décomposait pas.

Par là se comprend enfin toute l’importance de la préservation et de la conservation des défunts en Egypte.

La dernière demeure fut une garantie de survie, alors ne devrions-nous pas la respecter ? (Save our soul !)

 

Stele d ousirour pretre d amon a thebes

La métaphysique et l'Homme, l’oiseau-Bâ et la seconde vie en Égypte ancienne.

Sokoljan ramses ii among the gods detail hand louvre 

© Sokoljan, Ramses II. among the gods, detail hand (Louvre).

ânkh.
Un autre symbole lui aussi bien ancré dans l'Histoire de Kemet.
Logopdf

http://www.aime-jeanclaude-free.com/

Plan de cette thématique...    

 

L'échange d'énergie... Demeurées présentes sur terre, les divinités habitaient les temples ! En leurs statues d'or dressées dans le légendaire naos, leur esprit était alors dès plus actifs.

Le Bâ,  ce que J. Vandier appella "les principes spirituels"...

Le Ka cette "énergie vitale" de la déité fonctionnait comme une centrale d'énergie. Le / la netjerou(t) était vivant(e) en sa statue à la seule condition que les prêtres puisse prendre parfaitement soin d'elle : à travers de constants cultes rythmés par des rituels très exigeants autant que précis, en le nourrissant, en l'entretenant, en le distrayant, en le protégeant, en...

Il n'y a pas d'émotion dans la théologie égyptienne.

Ni de dogme d'ailleurs...

Aucun salut non plus du reste...

Il y avait tout juste un échange.

Que les divinités ne fussent plus servit, honorés, comme dans les temps troubles des Périodes Intermédiaires et l'énergie divine disparaissait, jetant Kemet toute entière dans le désespoir, le chaos ! Les netjerou(t) permettaient à pharaon de régner, de "dispenser son bon gouvernement" que si l'enrichissement du pays leur profitait. Les déités attendaient ainsi une contrepartie vis-à-vis des bonnes récoltes ainsi que des victoires militaires.

De nouveaux temples...

De nouvelles statues...

Des prêtres plus nombreux...

 

 

L'espoir...

Le corps n'était pas le paradis de "l'âme" !

 

Ce que nous allons chercher à comprendre c'est comment nos anciens égyptiens pouvaient percevoir véritablement la rupture : la mort ? Aussi, voici un des éléments qui devrait nous permettre de commencer à "appréhender" ce vaste concept et ce à travers la représentation de l' "âme" du défunt ! Elle a bien cette particularité, celle de ne pas nous laisser indifférente tant par sa probable "traduction", que par sa compréhension,...

 

Alors , serait-ce une analogie avec :

  • L'âme des chrétiens ?
  • Le "génius" des Romains ?
  • ... ?

 

Le Bâ était intimement lié à l'être humain, bien évidemment, qu'il fut :

  • Le pharaon lui-même,
  • Le commun des mortels,
  • Même la plus insignifiante des déités y fut également concernée ! Les netjerou(t) avaient d'ailleurs de nombreux baou (Pluriel de Bâ), ce qui leurs permettaient de se manifester sous différentes formes.

Le taureau Apis était le Bâ de la divinité Ptah,

Bénou quant à lui celui de Râ,

Notons au passage les Baou de Pê et de Nekken,

Le Bâ de mandoulis,

...

 

Hypogee ramses vi

Hypogée de Ramsès VI.

Nebmaâtrê-Méryamon Ramsès-Amenherkhépeschef-Netjerhéqaïounou.

Source / Lien

 

Alors, quel paradoxe avons-nous là :

  • Comment naître ?
  • Quand l'être s'éteint ? Quand il "atteignait son Ka", "rejoignait son Ka", "passait à son ka", mourait en somme !

 

Cette "non concordance" véritablement insoutenable poussa bien l'Homme à affronter cette adversité :

  • Avec toutes les ressources de son intelligence,
  • ...,
  • Avec espérance bien évidemment et ce nous le voyons bien à travers les quatre millénaires d'évolutions, celle d'une certaine prise de conscience !

 

Alors, en fin de compte...

Nous sommes bien au début d'une certaine émanation quant à l'Homme Egyptien devant le monde, et son long effort afin de faire de celui-ci le sien et bien sûr de s'y situer aussi.

Tous les êtres vivants se trouvent en interaction avec le monde.

Cependant chez l'homme…

Ce rapport se retrouve profondément altéré si nous considérons qu'il est le seul à être conscient qu'il va mourir, du moins, c’est ce que nous aimons subodorer. Car en vérité les animaux ressentent bien leur mort prochaine ! De cela j'en suis intimement convaincu et ce à travers de nombreux témoignages de personnes ayant travaillé dans des abatoires modernes ceux-ci

L'Homme vit meurtri par cette rupture inexorable, autant d'ailleurs qu'à travers ses difficultés existentielles et quotidiennes,..., le poussant alors à la réflexion. La raison "semble" être propre à l'Homme et fait de lui cet "animal bien métaphysique". Porté par la mort et la douleur, il s'étonne de son existence et cherche une explication au monde dans lequel il vit.

 

  "Les Égyptiens sont les premiers

à avoir exposé la doctrine de l’immortalité de l’âme

et

le fait qu’au moment de la mort du corps matériel,

l’âme s’incarne dans un nouveau corps qui est prêt à naître ;

 

ils affirment que lorsque l’âme a terminé tout le cycle des incarnations des animaux

de la mer,

de la terre

et de l’air,

elle parvient finalement à entrer dans un corps humain, né ou préparé pour la recevoir... "

Selon Hérodote 484 à 420 B.C.E.

Héléna Petrovna Blavatsky, Doctrine secrète, vol. II, page 123.

 

Alors cet obstacle, nos anciens vont tantôt :

  • Le nier,
  • Le contourner,
  • Le surmonter,
  • ... C'est ainsi que Bâ devint lié à la vie ! Seulement, à celle post mortem... L'existence était sublimée après la rupture ! Est-ce que le corps terrestre pouvait être perçu à la manière d'un tombeau ? En tout état de cause cela représente autant d'éléments que nous pouvons découvrir mutatis mutandis, dans les sagesses égyptiennes.

 

Netjer aker avec un baton courbe a son ba

Livre de la Terre.

 Partie C, scène 4.

Le corps du netjer Aker, un homme avec un bâton, courbé, avec son Bâ,

Ils sont flanqués de deux netjerout et du disque de Râ émergeant.

 

Plan de l'article...

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Vous pouvez accéder au chapitre en cliquant directement sur le titre de ce dernier !

 

→ Aristote et la métaphysique...

Les éléments constitutifs d'un Homme !

 Un double de l'être.

→ Grâce au Bâ...

Souvenons-nous du papyrus de Neferrenpet...

Le Bâ divin et cosmique...

 Le Bâ ne fut pas autonome pour autant !

→ Malgré cela Bâ était un concept bien dynamique.

→ Voyons le fameux "Dialogue du Désespéré, avec son Bâ"...

→ Afin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :

 

  Irinoufer 15

  Le Bâ.

Oiseau (Ibis ou faucon) à tête humaine.

Cette représentation à tête humaine est apparue au Nouvel Empire.
Tombe d'Irinefer (N° 29).

Source

 

Aristote et la métaphysique...

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"Science des premiers principes

et

des premières causes"

 

Le savoir :

  • Celui à partir de quoi tout s'explique...
  • Celui qui ne dérive d'aucun principe antérieur de justification : la métaphysique, elle serait alors la science de l'absolu.

 

Si elle existe, s'est bien à travers l'Homme. Hors selon Schopenhauer, la métaphysique pourrait-être considérée comme le croisement entre le passage de l'animal à l'Homme.

 

Les éléments constitutifs, ceux de l'Homme !

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Divisés en deux parties :

  • Un corps physique,
  • Une "âme".    

 

  • Le corps physique, le djet,
  • Une ombre, shut,
  • Un cœur, ab,
  • Un nom, ren.

 

  • Une "âme", Bâ,
  • Un double, Ka,
  • Un esprit, akh,
  • Un caractère, sahu ou corps spiritu. 

 

Bâ passait donc d'un plan du réel à un autre, il demeurait ainsi différents niveaux d'existences :

  • Le monde des vivants,
  • Le monde des Maâkherou / des défunts / "Justifié de voix",
  • Le monde des divinités,
  • ...


Un double de l'être.

 

La mort "totale" était impensable pour nos anciens Égyptiens... Le Bâ était un principe spirituel, lié et à la fois indépendant de son support physique, agissant pour son propre compte !

 

Bâ était :

  • La somme des forces immortelles inhérentes aux êtres humains, composant sa personnalité.
  • Mais c'était aussi "un être sexuel corporel", il avait besoin de nourriture, de boisson,... 
  • ...

 

"L’âme n’a pas vécu ces vicissitudes uniquement après la vie humaine.

Avant de naître en ce monde,

elle est née

et

morte dans de nombreux autres mondes.

La vie terrestre n’est autre qu’un devenir,

Kheper,

dans l’ensemble des devenirs, Kheper, qui ont précédé et qui suivront.

 

Elle [l’âme] a eu une durée infinie avant sa naissance [sur la Terre]

et

une durée infinie après sa mort.

 

Si je devais résumer sa condition d’être en un seul mot,

je ne dirais pas qu’elle est immortelle,

mais plutôt qu’elle est éternelle."

Selon  Gaston Maspero (1 846 - 1 916) 

Gaston Maspero, Études égyptiennes, page 23, Éditions Imprimerie Nationale, 1879.

 

La rupture...

Bâ n'apparaissait ainsi qu'après celle-ci.

A la manière d'une partie volatile de nous-même, il s'envolait alors avec ce pouvoir, celui de voyager en liberté !

Manière de double éthéré du défunt, affranchi maintenant du corps, il reprenait en quelque sorte sa liberté, survolant les endroits aimés de par le passé de l'entité considérée, retournant se poser sur la momie,... Du "ciel à la terre", afin d'errer auprès de son corps et ce jusqu’à ce que la purification du Ka-djet permette à nouveau leur réunion.

En fait...

Il ne s'éloignait pas.

Il "Sortait au Jour". Alors, chaque soir, il retournait vers son corps ! Se réunissant ainsi avec lui, assurant l'existence continue, celle du corps dans l'au-delà. 

 

"Lève-toi vers la vie,

car vois-tu,

tu n'es pas mort !"


"Je recommence à vivre après que je fûts mort ;

je ressuscite après la mort."


"Je vis.

Pour moi, plus de souffrance !

A moi la joie !"

Textes des sarcophages I 44, V 438 et V 467.

 

Bâ circulait ainsi entre :

  • Les immortels,
  • Et même les mortels !


Demeurait cependant deux éléments bien indissociables :

  • Le corps intègre : le djed, sah la momie...

L'enveloppe charnelle...

Intègre et ce sous peine de devenir Khat, cette dépouille déliquescente. 

Intègre car nécessaire à la préexistence du Bâ, de son identité, à la manière d'un intermédiaire d'une porte entre les immortels et les vivants.

  • Et le Bâ.

Hiero g29 G23     Hiero g53 G53

Principe divin...

Improprement traduit par "âme", "pshychê",...

Hypostase de l "âme" en tant que séparée du corps...


"Tu montes,

tu descends

[...]

tu glisses,

comme ton coeur le désire,

tu sors de ton tombeau chaque matin,

tu y rentres chaque soir"

"Livre pour Sortir à la Lumière", LXXXII -XCI, trad. P. Barguet.

 

Aussi grâce au Bâ...

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Les Hommes...

Comme les déités, tous pouvaient quitter leur sphère normalement "attribuée" et ainsi se transformer.

  • Prendre une autre forme en quelque sorte.
  • Est-ce d'ailleurs comme cela que les divinités apparaissaient dans le monde des vivants ?
  • Les déités usaient-ils d'éléments naturels ? Souvenons-nous du Bâ du netjer Shou séparant le ciel de la terre, le souffle d'air ! 

Shu fils de ra source de chaleur et de lumiere

 

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