Stele d ousirour pretre d amon a thebes

La métaphysique et l'Homme, l’oiseau-Bâ et la seconde vie en Égypte ancienne.

Sokoljan ramses ii among the gods detail hand louvre 

© Sokoljan, Ramses II. among the gods, detail hand (Louvre).

ânkh.
Un autre symbole lui aussi bien ancré dans l'Histoire de Kemet.
Logopdf

http://www.aime-jeanclaude-free.com/

Plan de cette thématique...    

 

L'échange d'énergie... Demeurées présentes sur terre, les divinités habitaient les temples ! En leurs statues d'or dressées dans le légendaire naos, leur esprit était alors dès plus actifs.

Le Bâ,  ce que J. Vandier appella "les principes spirituels"...

Le Ka cette "énergie vitale" de la déité fonctionnait comme une centrale d'énergie. Le / la netjerou(t) était vivant(e) en sa statue à la seule condition que les prêtres puisse prendre parfaitement soin d'elle : à travers de constants cultes rythmés par des rituels très exigeants autant que précis, en le nourrissant, en l'entretenant, en le distrayant, en le protégeant, en...

Il n'y a pas d'émotion dans la théologie égyptienne.

Ni de dogme d'ailleurs...

Aucun salut non plus du reste...

Il y avait tout juste un échange.

Que les divinités ne fussent plus servit, honorés, comme dans les temps troubles des Périodes Intermédiaires et l'énergie divine disparaissait, jetant Kemet toute entière dans le désespoir, le chaos ! Les netjerou(t) permettaient à pharaon de régner, de "dispenser son bon gouvernement" que si l'enrichissement du pays leur profitait. Les déités attendaient ainsi une contrepartie vis-à-vis des bonnes récoltes ainsi que des victoires militaires.

De nouveaux temples...

De nouvelles statues...

Des prêtres plus nombreux...

 

 

L'espoir...

Le corps n'était pas le paradis de "l'âme" !

 

Ce que nous allons chercher à comprendre c'est comment nos anciens égyptiens pouvaient percevoir véritablement la rupture : la mort ? Aussi, voici un des éléments qui devrait nous permettre de commencer à "appréhender" ce vaste concept et ce à travers la représentation de l' "âme" du défunt ! Elle a bien cette particularité, celle de ne pas nous laisser indifférente tant par sa probable "traduction", que par sa compréhension,...

 

Alors , serait-ce une analogie avec :

  • L'âme des chrétiens ?
  • Le "génius" des Romains ?
  • ... ?

 

Le Bâ était intimement lié à l'être humain, bien évidemment, qu'il fut :

  • Le pharaon lui-même,
  • Le commun des mortels,
  • Même la plus insignifiante des déités y fut également concernée ! Les netjerou(t) avaient d'ailleurs de nombreux baou (Pluriel de Bâ), ce qui leurs permettaient de se manifester sous différentes formes.

Le taureau Apis était le Bâ de la divinité Ptah,

Bénou quant à lui celui de Râ,

Notons au passage les Baou de Pê et de Nekken,

Le Bâ de mandoulis,

...

 

Hypogee ramses vi

Hypogée de Ramsès VI.

Nebmaâtrê-Méryamon Ramsès-Amenherkhépeschef-Netjerhéqaïounou.

Source / Lien

 

Alors, quel paradoxe avons-nous là :

  • Comment naître ?
  • Quand l'être s'éteint ? Quand il "atteignait son Ka", "rejoignait son Ka", "passait à son ka", mourait en somme !

 

Cette "non concordance" véritablement insoutenable poussa bien l'Homme à affronter cette adversité :

  • Avec toutes les ressources de son intelligence,
  • ...,
  • Avec espérance bien évidemment et ce nous le voyons bien à travers les quatre millénaires d'évolutions, celle d'une certaine prise de conscience !

 

Alors, en fin de compte...

Nous sommes bien au début d'une certaine émanation quant à l'Homme Egyptien devant le monde, et son long effort afin de faire de celui-ci le sien et bien sûr de s'y situer aussi.

Tous les êtres vivants se trouvent en interaction avec le monde.

Cependant chez l'homme…

Ce rapport se retrouve profondément altéré si nous considérons qu'il est le seul à être conscient qu'il va mourir, du moins, c’est ce que nous aimons subodorer. Car en vérité les animaux ressentent bien leur mort prochaine ! De cela j'en suis intimement convaincu et ce à travers de nombreux témoignages de personnes ayant travaillé dans des abatoires modernes ceux-ci

L'Homme vit meurtri par cette rupture inexorable, autant d'ailleurs qu'à travers ses difficultés existentielles et quotidiennes,..., le poussant alors à la réflexion. La raison "semble" être propre à l'Homme et fait de lui cet "animal bien métaphysique". Porté par la mort et la douleur, il s'étonne de son existence et cherche une explication au monde dans lequel il vit.

 

  "Les Égyptiens sont les premiers

à avoir exposé la doctrine de l’immortalité de l’âme

et

le fait qu’au moment de la mort du corps matériel,

l’âme s’incarne dans un nouveau corps qui est prêt à naître ;

 

ils affirment que lorsque l’âme a terminé tout le cycle des incarnations des animaux

de la mer,

de la terre

et de l’air,

elle parvient finalement à entrer dans un corps humain, né ou préparé pour la recevoir... "

Selon Hérodote 484 à 420 B.C.E.

Héléna Petrovna Blavatsky, Doctrine secrète, vol. II, page 123.

 

Alors cet obstacle, nos anciens vont tantôt :

  • Le nier,
  • Le contourner,
  • Le surmonter,
  • ... C'est ainsi que Bâ devint lié à la vie ! Seulement, à celle post mortem... L'existence était sublimée après la rupture ! Est-ce que le corps terrestre pouvait être perçu à la manière d'un tombeau ? En tout état de cause cela représente autant d'éléments que nous pouvons découvrir mutatis mutandis, dans les sagesses égyptiennes.

 

Netjer aker avec un baton courbe a son ba

Livre de la Terre.

 Partie C, scène 4.

Le corps du netjer Aker, un homme avec un bâton, courbé, avec son Bâ,

Ils sont flanqués de deux netjerout et du disque de Râ émergeant.

 

Plan de l'article...

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Vous pouvez accéder au chapitre en cliquant directement sur le titre de ce dernier !

 

→ Aristote et la métaphysique...

Les éléments constitutifs d'un Homme !

 Un double de l'être.

→ Grâce au Bâ...

Souvenons-nous du papyrus de Neferrenpet...

Le Bâ divin et cosmique...

 Le Bâ ne fut pas autonome pour autant !

→ Malgré cela Bâ était un concept bien dynamique.

→ Voyons le fameux "Dialogue du Désespéré, avec son Bâ"...

→ Afin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :

 

  Irinoufer 15

  Le Bâ.

Oiseau (Ibis ou faucon) à tête humaine.

Cette représentation à tête humaine est apparue au Nouvel Empire.
Tombe d'Irinefer (N° 29).

Source

 

Aristote et la métaphysique...

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"Science des premiers principes

et

des premières causes"

 

Le savoir :

  • Celui à partir de quoi tout s'explique...
  • Celui qui ne dérive d'aucun principe antérieur de justification : la métaphysique, elle serait alors la science de l'absolu.

 

Si elle existe, s'est bien à travers l'Homme. Hors selon Schopenhauer, la métaphysique pourrait-être considérée comme le croisement entre le passage de l'animal à l'Homme.

 

Les éléments constitutifs, ceux de l'Homme !

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Divisés en deux parties :

  • Un corps physique,
  • Une "âme".    

 

  • Le corps physique, le djet,
  • Une ombre, shut,
  • Un cœur, ab,
  • Un nom, ren.

 

  • Une "âme", Bâ,
  • Un double, Ka,
  • Un esprit, akh,
  • Un caractère, sahu ou corps spiritu. 

 

Bâ passait donc d'un plan du réel à un autre, il demeurait ainsi différents niveaux d'existences :

  • Le monde des vivants,
  • Le monde des Maâkherou / des défunts / "Justifié de voix",
  • Le monde des divinités,
  • ...


Un double de l'être.

 

La mort "totale" était impensable pour nos anciens Égyptiens... Le Bâ était un principe spirituel, lié et à la fois indépendant de son support physique, agissant pour son propre compte !

 

Bâ était :

  • La somme des forces immortelles inhérentes aux êtres humains, composant sa personnalité.
  • Mais c'était aussi "un être sexuel corporel", il avait besoin de nourriture, de boisson,... 
  • ...

 

"L’âme n’a pas vécu ces vicissitudes uniquement après la vie humaine.

Avant de naître en ce monde,

elle est née

et

morte dans de nombreux autres mondes.

La vie terrestre n’est autre qu’un devenir,

Kheper,

dans l’ensemble des devenirs, Kheper, qui ont précédé et qui suivront.

 

Elle [l’âme] a eu une durée infinie avant sa naissance [sur la Terre]

et

une durée infinie après sa mort.

 

Si je devais résumer sa condition d’être en un seul mot,

je ne dirais pas qu’elle est immortelle,

mais plutôt qu’elle est éternelle."

Selon  Gaston Maspero (1 846 - 1 916) 

Gaston Maspero, Études égyptiennes, page 23, Éditions Imprimerie Nationale, 1879.

 

La rupture...

Bâ n'apparaissait ainsi qu'après celle-ci.

A la manière d'une partie volatile de nous-même, il s'envolait alors avec ce pouvoir, celui de voyager en liberté !

Manière de double éthéré du défunt, affranchi maintenant du corps, il reprenait en quelque sorte sa liberté, survolant les endroits aimés de par le passé de l'entité considérée, retournant se poser sur la momie,... Du "ciel à la terre", afin d'errer auprès de son corps et ce jusqu’à ce que la purification du Ka-djet permette à nouveau leur réunion.

En fait...

Il ne s'éloignait pas.

Il "Sortait au Jour". Alors, chaque soir, il retournait vers son corps ! Se réunissant ainsi avec lui, assurant l'existence continue, celle du corps dans l'au-delà. 

 

"Lève-toi vers la vie,

car vois-tu,

tu n'es pas mort !"


"Je recommence à vivre après que je fûts mort ;

je ressuscite après la mort."


"Je vis.

Pour moi, plus de souffrance !

A moi la joie !"

Textes des sarcophages I 44, V 438 et V 467.

 

Bâ circulait ainsi entre :

  • Les immortels,
  • Et même les mortels !


Demeurait cependant deux éléments bien indissociables :

  • Le corps intègre : le djed, sah la momie...

L'enveloppe charnelle...

Intègre et ce sous peine de devenir Khat, cette dépouille déliquescente. 

Intègre car nécessaire à la préexistence du Bâ, de son identité, à la manière d'un intermédiaire d'une porte entre les immortels et les vivants.

  • Et le Bâ.

Hiero g29 G23     Hiero g53 G53

Principe divin...

Improprement traduit par "âme", "pshychê",...

Hypostase de l "âme" en tant que séparée du corps...


"Tu montes,

tu descends

[...]

tu glisses,

comme ton coeur le désire,

tu sors de ton tombeau chaque matin,

tu y rentres chaque soir"

"Livre pour Sortir à la Lumière", LXXXII -XCI, trad. P. Barguet.

 

Aussi grâce au Bâ...

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Les Hommes...

Comme les déités, tous pouvaient quitter leur sphère normalement "attribuée" et ainsi se transformer.

  • Prendre une autre forme en quelque sorte.
  • Est-ce d'ailleurs comme cela que les divinités apparaissaient dans le monde des vivants ?
  • Les déités usaient-ils d'éléments naturels ? Souvenons-nous du Bâ du netjer Shou séparant le ciel de la terre, le souffle d'air ! 

Shu fils de ra source de chaleur et de lumiere

 

Souvenons-nous du papyrus de Neferrenpet...

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Nous sommes au sein de la 19e dynastie. Bâ y est alors représenté à coté de l'ombre, sous la forme d'un oiseau et ce avec une formule qui demandait qu'un chemin lui soit ouvert afin que son Bâ et son ombre puissent se présenter devant Osiris. Cette "fusion" entre le Bâ et le Khaibit amena à une sorte de transmutation i.e. le passage de l'entité l’humaine à celui du divin !

L'ombre et le Bâ sortaient alors de l'hypogée afin que le défunt puisse disposer de sa liberté de mouvement. Et ce nous le voyons bien au sein notamment du chapitre 92, de la planche 17 quant au papyrus d'Ani...

 

Planche 17 chapitre 92 papyrus d ani 1

Papyrus d'Ani.

Le papyrus d'Ani date de la 18e dynastie.

Il fut découvert dans un hypogée à Thèbes en 1887, et acheté à des marchands égyptiens par le British Museum en 1888.

 © René Preys.

Conception graphique ©  Jean-Pol Schrauwen.

 

2010

Nous sommes bien au sein du chapitre 89 du "Livre pour sortir au Jour"  avec cette "Réunion du bâ et du corps".

L' oiseau-bâ falconiforme,

vole au-dessus de son défunt avec ses ailes déployées, dirigées vers le sol.

Nous le voyons bien, son regard ne se porte pas vers Aménéminet, son visage est bien dirigé vers le cortège funéraire figuré sur la paroi à gauche. 

Hypogé TT277 d'Ameneminet.

Temple des millions d'années bâti de la18e dynastie, sous le règne Amenhotep III.

 

Aussi, le corps et l'ombre furent bien liés. Elle avait même une fonction primordiale. Elle était liée à cette mobilité, celle que l'être devait garder après sa rupture !

 

L'ombre de nakhtamon sortant de son hypogée.

L'ombre apparaît en noir, au niveau de la porte proche du Bâ, cet oiseau à tête du défunt ! 

L'ombre (Sw.t) de Nakhtamon sortant de son hypogée.

Deir el-Médineh.

Source

 

Khaibit...

Haidit...

Swt...

Cette ombre était en fait le cadavre noir !

Décharné…

Avant sa renaissance…

Symboliquement, elle n'est pas sans rappeler son appartenance terrestre. Elle fut bien essentielle quant au rayonnement de l’énergie solaire de la momie et ce au moment où elle renaissait. Elle devenait "autonome" après la rupture et aidait le défunt à récupérer ses jambes lorsqu’il Sortait au Jour

 

Le Bâ divin et cosmique...

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Relief

Période ptolémaïque.

N° inventaire 5092 - Kunsthistorisches Museum.

Seipel, W. (ed.), Götter Menschen Pharaonen, Speyer (1993) = Dioses, Hombres, Faraones, Ciudad de México (1993) = Das Vermächtnis der Pharaonen, Zürich (1994), Nr. 250.
Katalog "Wasser und Wein", Krems (1995), Nr. 1/12.

 

La netjeret du ciel est à genoux. Au moyen de deux vases, les mains tendues, de l’eau fut ainsi versée sur l’oiseau-bâ.

Sous l’oiseau...

Une petite table d’offrandes avec deux miches de pain, rondes, ainsi fut transmise de la nourriture et de la boisson à l’oiseau-bâ, au défunt.

 

Au-dessus de notre oiseau, nous pouvons observer 3 amulettes :

  • Le pilier djed,
  • Deux nœuds d'Isis. Nous sommes bien au sein du chapitre 59 du "Livre pour Sortir au Jour".

 

"Sortir pendant les heures de la lumière solaire

représente le désir suprême du mort

de s'unir au nombre des bienheureux qui entourent le soleil"

 

Au début...

Il y avait Bâ...

A la fin, il devait y avoir aussi Bâ ! Ainsi, entre les deux extrémités, il était en toutes choses, représentant le souffle créant la vie. L’Esprit Bâ était dans tous les éléments constitutifs du monde, jusqu’à la perfection finale.  

Nonobstant cela...

Bâ était très différent de cette âme judéo-chrétienne que nous considérons de nos jours ; même si le Bâ en fut bien l'origine !

 

Aussi, ce fut bien par l'intermédiaire de leur bâ que les netjerou(t) habitaient leurs :

  • Statues,
  • Temples ,
  • Cénotaphes qui leurs étaient consacrés,
  • Reliefs,
  • Sculptures,
  • Voir même un animal sacré !
  • ...

 

Le Bâ était bien intrinsèque à la divinité Égyptienne, nous parlons alors d'immanence, un principe parfaitement métaphysique.

 

Ba "âme" cosmique, cet animateur des netjerou(t) et des divers lieux du monde, à savoir celui :

  • D’Orient,
  • D’Occident,
  • De Pê,

A l'époque prédynastique, Pê est la cité d'Osiris et la capitale de la fédération des nomes du delta (royaume de Pe).

Les baou de Pê et Nekhen sont mentionnés dans les textes funéraires comme ceux des Textes des Pyramides, des Sarcophages, le "Livre pour Sortir au Jour", ainsi que dans le rituel de l'ouverture de la bouche,…

  • De Dep…

La cité de la netjeret Ouadjet, de l'autre côté du Nil.

Sont également mentionnées les âmes d'Héliopolis (Les baou d'Héliopolis incluaient ainsi les deux ennéades selon les Textes des Pyramides), et d'Hermopolis.

Cette ancienne cité d’Hiérakonpolis, capitale de la Haute Egypte à l'époque prédynastique (Celle du roi Scorpion et de Narmer), située face à ELKab (netjeret Nekhbet) et ce au sud de Thèbes.

  • Ainsi qu'Heliopolis.

   

Certains égyptologues ont avancé l'hypothèse que ces "âmes" étaient celles des anciens rois des cités prédynastiques, époques d'avant l'union de Kemet. Il pourrait alors s’agir d'entités divines locales qui selon Kees formaient des "groupes très anciens de déités dont le nombre et la nature sont indéterminées".

 

Parmi elles figureraient ou du moins y seraient associés :

  • Horus,
  • Thot,
  • Hapy,
  • Osiris (Textes des Sarcophages).    

 

Le Bâ ne fut pas autonome pour autant !

 

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Bâ assurait donc au défunt le passage entre un monde et un autre.

Seulement...

Il ne fut pas véritablement autonome. Ne perdons pas de vue que l'être humain devait être considéré comme un ensemble très complexe, formant un tout autant dans la vie que dans l'au-delà d'ailleurs.

 

Si nous sommes capables de réaliser qu'une âme, sans corps, peu avoir une immortalité heureuse, alors, nous pourrions tout aussi concevoir qu'un Bâ :

  • Sans son corps d'origine,
  • Sans ombre,
  • Sans son cœur... Ne pourrait plus se poser dans l'occident !

 

Ani pl10a 2 1

Voici donc à nouveau le fameux papyrus d'Ani

avec comme nous voyons deux faucons juchés sur une chapelle

entourés de piliers djed représentant Râ et Osiris.

Le premier porte le disque solaire...

Le second a une tête humaine coiffée de la couronne blanche représentant le double Bâ, résultat de l'union entre Osiris et Râ. 

Source

 

Malgré cela Bâ était un concept dynamique.

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Les ailes de Bâ incarnaient bien sa mobilité, sans aucune entrave. Non seulement cela représentait un concept mais celui-ci était loin d'être statique car il y avait "une sorte de transfert d'énergie" qui s'opérait à partir de l'être, et ce vers "le surêtre" ! Cela correspondait à l'entité transformé par la rupture, à la manière d'une capacité à franchir une limite, celle bien évidemment du trépas. et aussi comme celle d'agir d'un monde vers un autre, c'est à dire de celui des vivants vers celui des défunts.

 

Interdépendant, Bâ pouvait aller à sa guise :

  • De l'hypogée vers le ciel,
  • Et bien évidemment vers la dernière demeure : il devait d'ailleurs l'animer !

 

Et c'est au moment :

  • Des offrandes,
  • Et, au cours de certaines fêtes comme celle d'Ouag, que les vivants venaient voir la dernière demeure de leurs proches. Et c'était bien au Bâ qu'ils s'adressaient !

 

Nous avons bien vu précédemment que le bâ :

  • N'était pas autonome,
  • Qu'il était attaché au défunt ainsi qu'à tous ses propres "constituants" comme le Ka, l'ombre,
  • ... Les uns n'étant absolument rien sans les autres. Ttous les constituants de l'être étaient considérés comme interdépendants : souvenez-vous de cet effet dit "papillon" (Métaphore quant au phénomène de la sensibilité des conditions initiales de la théorie du chaos). Le Bâ se devait d'être reconnu par le Ka divinisé et ce afin que le défunt puisse s'animer.

 

Vous comprendrez dès lors de cette importance que revêtait le fait que tout soit réalisé dans les règles, après la rupture !

Un corps intact,

Le ren,

...

 

L'embaumement permettait ainsi au corps de devenir :

  • Indestructible,
  • D'être retrouvé par Bâ,
  • Sans omettre Ka bien évidemment.

 

Voyons le fameux "Dialogue du Désespéré, avec son Bâ"...

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L'époque où cette ode fût écrite correspond à l'effondrement de l'Ancien Empire !

Ceci expliquant cela, l'éloge de la rupture...

 

"La mort est aujourd'hui devant moi
comme

la guérison devant un malade,
comme

la première sortie après une maladie.


La mort est aujourd'hui devant moi
comme

le parfum de la myrrhe,
comme

lorsqu'on est sous la voile, par grand vent.


La mort est aujourd'hui devant moi
comme

le parfum du lotus

comme

lorsqu'on se tient sur la rive de l'ivresse.


La mort est aujourd'hui devant moi
comme

un chemin connu
comme

lorsqu'un homme revient de guerre vers sa maison.


La mort est aujourd'hui devant moi
comme

un ciel qui se dévoile
comme

lorsqu'un homme découvre ce qu'il ignorait..."

Traduction Claire Lalouette : 1981, 33.

 

12742706 953840067985218 3254822808813147185 n

 

 

"Initiation aux Livres des Morts égyptien", éditions Albin Michel, 1991

 

"Égypte, les mystères du sacré" Éditions du Félin, 1987

 

Gaston Maspero, Études égyptiennes, Éditions Imprimerie Nationale, 1879 

 

Symbolique de l’Égypte, éditions du Huitième jour, 200

 

"Le peu que savaient les Egyptiens,

 

il y a peut-être quelque mérite

 

à l'avoir trouvé près de trente siècles avant notre ère"

 

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