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Les peintures murales de l’Égypte antique ne sont pas de vraies "fresques" ! (?)... (1) En Égypte ancienne !

ankh hiero "Vivre"… "La vie"…

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Bien souvent...
Dans beaucoup d'esprit...
Le mot même de "fresque" a vraiment un sens équivoque ! Cela pourrait certainement s'expliquer par le fait que nous ne tenons pas réellement compte de la technique employée.
Et cela à tort bien évidemment.

La "fresque"...
 
"L’art le plus beau qui soit..."
Cennini.
 
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Admirez avec moi...
Nous voici donc au sein de ce bel hypogée.
TT335.
Sculpteur de son état !
Nakhtamon a été découvert par Bernard Bruyère, le 16 janvier 1925.
Juste au sud de TT336, son frère Neferrenpet.
Et au nord de celui de son beau-frère Qen, TT4.
© Celeste Albo
 

Un art qui nous étonne !

Même encore de nos jours...

Sa fraîcheur...

La perfection qui fut atteinte par nos anciens.

La pérennité de leurs œuvres...

Les artisans pratiquaient leur art avec une virtuosité telle que nous pouvons encore admirer de véritables "instantanés" de scènes qu'ils reproduisaient.
 
"Le plus viril,
le plus sûr,
le plus durable de tous..."

  Vasari.

 
La science onomastique tendrait alors à nous indiquer que l'origine du mot fresque serait italienne.
Fresco...

Ou peinture "a fresco" c'est à dire une peinture sur enduit frais.

 

Plan de l'article...

 

→ La peinture à fresque...

 

→ La couleur s’incorporait alors au mortier... 

 

→ Cela devait nécéssiter une bien grande habileté !

 

→ Sic Vitruve...

 

→ Certains historiens d’art...

 

→ Les peintures murales de l’Égypte ancienne ne sont pas de vraies fresques ! (?)

 

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Source

 

Voici donc le jardin d'Ineni...

500 arbres...

Une vingtaine d'espèces différentes...

 

Voici donc un dessin très schématique quant à cette superbe exploitation ! Ainsi le  défunt avait bien dressé une liste exhaustive de ses plantations :

 
" ...contempler ces siennes plantations

grandes

et

parfaites,

qu'il a arrangées sur terre

sous la louange de cet auguste dieu, Amon,

Seigneur des Trônes des Deux-Terres.


73 sycomores,

31 perséas,

170 palmiers dattiers,

120 palmiers doum,

5 figuiers,

3 arbres khetnysheny,

2 moringas arabica,

12 vignes,

5 grenadiers,

8 acacias kesebet,

16 caroubiers,

5 jujubiers,

5 tioun,

1 palmier doum khanenet,

2 arbres Khet-des,

9 saules,

10 tamaris,

3 ima,

Des iched et des ih.


Le prince, gouverneur,

Ineni,

juste-de-voix

et

la maîtresse de maison (nebet per), Iâhhotep." 

 

La peinture à "fresque"...
 

"A fresco", provenant comme vous savez de la langue italienne. Elle est apparue bien plus tard vis-à-vis de cette ère pharaonique !

En fait...

Cela consistait à appliquer des couleurs et cela bien avant que l'enduit n'est eu véritablement le temps de sécher. De sorte que les deux matrices n'en furent plus qu'une finalement car elles devaient devenir intimement imbriquées.


Elle semble n'avoir que peu évoluée d'ailleurs depuis l'antiquité.
C'est bien cette technique qui consiste à peindre au moyen de pigments naturels.

Ses derniers devaient être en quelque sorte délayés dans de l'eau permettant ainsi de mieux les "étaler", les "répandre" et ceci sur un enduit de chaux, de sable encore humide.
Le séchage grâce à la chaleur des rayons de Râ permettait alors le durcissement de l'ensemble.
 

La couleur devait alors s’incorporer au mortier...

 

Et ceci afin de ne former qu’une seule et même matière.

À la manière d'un parfait "synchrétisme"...

 

Comparez...

Cette technique, à une peinture classique mais néanmoins bien moderne : pensez alors aux polyptiques, aux lavis,..., aux peintures dites de surfaces.

 

Alors vous devriez certainement conclure à une certaine pérennité quant aux résultats. Ce que nous montrent d'ailleurs les parois des hypogées, des temples,...

 

Cela devait nécessiter une bien grande habileté...

 

La réalisation d'une véritable "fresque" se devait d'être rapide.

Entre la pose de l’enduit...

Et de son séchage complet !


Sic Vitruve...

Marcus Vitruvius Pollio...
Il fut en fait un architecte d'origine romaine. Il sembla exercer ses talents aux alentours du dernier siècle avant notre ère... 

Ainsi décrivait-il la fresque dans son traité "De architectura" livre VII :
 
"Lorsque les murs auront été renforcés par trois couches de mortier de sable et autant de mortier de marbre,
ils ne pourront ni se fissurer,
ni subir aucun dommage.

Mais lorsque leur solidité,
assurée en profondeur par la pression des taloches,
aura de surcroît acquis par le lissage
la blancheur éclatante
et
durable du marbre,
les murs grâce aux couleurs
étendues sur l’enduit encore humide,
les couleurs, par ce fait même,
ne se ternissent pas,
mais tiennent indéfiniment,
parce que la chaux,
qui, en cuisant dans les fours,
a perdu son eau et est devenue poreuse et amorphe,
est poussée
par cette faim qui est en elle à absorber tout ce qui se trouve en contact avec elle"
 
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Fragment de l'hypogée de Nefermaat / nfr-maat, et Itet...
 Source / © Joan Ann Lansberry, 2010.

"L'écriture avait une grande puissance dans l'Egypte ancienne !

...

effacer le nom de quelqu'un s'était le détruire.

Ce fragment du tombeau..
du courtisan Nefermaat et de sa femme Itet
est décoré avec des hiéroglyphes qui sont profondément gravés dans le calcaire.
Les cavités ont été incrustés de pâte de couleur vive
(Restaurée en grande partie ici).
... "

 

Certains historiens d’art...

 

Ils feraient remonter cette technique de la "fresque" jusqu’à la préhistoire.

 

Ainsi...

Sur les parois des grottes calcaire et humide pouvons-nous en admirer.

De la terre colorée...

De la craie...

Du charbon. Ainsi nos ancêtres créent-ils les premières fresques de notre histoire.

 

A cet effet...

Rappelez-vous de cette fantastique grotte de Lascaux, 9 000 à 7 000 avant notre ère.

Les fameux pigments sur les parois furent fixés au moyen d'une couche naturelle de carbonate de calcium. Cette calcite s'accumula en fait bien lentement...


Une technique simple et directe...

 

Les fresques furent présentes dans les sculptures les plus anciennes comme :

- Mésopotamie,

- En Égypte,

- La Crète minoenne (Se souvenir de Cnossos,...),

- ...

 

Et avec cela...

Certainement les premiers fours à chaux,... Du reste, on serait en droit de se demander s'ils furent à l'origine de cette technique ? Ne serait-ce pas plutôt cette dernière qui engendra cette "cuisson"... ?

...

 

Les peintures murales de l’Égypte ancienne ne sont pas de vraies "fresques" ! (?)


Mais voilà...

Toutes les œuvres élaborées par nos anciens, que nous admirons tant du reste, furent-elles vraiment de véritables "fresques" ? Au sens strict de cette technique... ?


Elles furent en vérité élaborées sur un mortier sec.


Mais alors dites-moi...

Si elles ne représentent pas de véritables "fresques", comment peut-on expliquer leur conservation pendant plusieurs millénaires ?

Un test de vieillissement digne de ce nom puisque pérennes depuis.

 

Ainsi peut-on affirmer et cela sans prendre trop de risque que leur survie ne semble tenir qu'avec le climat désertique et aride de l’Égypte.

 
Leurs pigments furent en fait fixés aux parois au moyen d’"adhésifs" pour la plupart d’origine végétale.
Ainsi ses représentations colorées sont en vérité bien moins permanentes que les fresques véritables car elles ne sont pas protégées par la couche de calcin.

 

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Wall painting with hieroglyphics in Tomb of Ramesses IV...

© Ancient Egypt Pharaoh.

 
   
"Dans tous ces différents travaux,

on doit avoir égard à la solidité,

à l’utilité,

à l’agrément :

 

à la solidité, en creusant les fondements jusqu’aux parties les plus fermes du terrain, et en choisissant avec soin et sans rien épargner, les meilleurs matériaux ;

 

à l’utilité, en disposant les lieux de manière qu’on puisse s’en servir aisément, sans embarras, et en distribuant chaque chose d’une manière convenable et commode ;

 

à l’agrément, en donnant à l’ouvrage une forme agréable et élégante qui flatte l’œil par la justesse et la beauté des proportions."
 Vitruve.

"De l’architecture".

Livre I...

 

Souvenez-vous...

Cela déboucha entre autre chose, sous la plume de Perrault au 17e siècle de notre ère, à cette fameuse triade vitruvienne qui selon certains seraient l'objectif à atteindre à tous bons architectes :
firmitas (solidité, ou robustesse),
utilitas (commodité, ou utilité),
venustas (beauté, ou volupté).

 

Voyez les triades de nos anciens perdurèrent au cours d'une Histoire bien plus récente démontrant ainsi, s'il en fut encore besoin, que chaque tranche de vie présente s'appuie sur une assise passée, préparant en catimini un certain futur...

 

Alors, à suivre...

J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire mes textes que j'en ai eu à vous les écrire ! 

  

Clé de VIE 

 

Désinences... Prochainement sur le même sujet... Les fresques...

 

- Des "fresques" miraculeusement conservées,

- La couleur,

- Un secret transmis de bouche à oreille,

- ...

 

 

Afin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter : 

 

  • Sources... 

 

Collection "Passion de l'Egypte" Editions Atlas 2003

 

Dictionnaire de la Civilisation Égyptienne - Rachet Guy - Larousse

 

Voici la table des matières quant au "Livre VII" de Vitrus : voici un lien très pertinent... 

→ De la rudération
→ De la préparation de la chaux pour faire le stuc
→ De la disposition des planchers en forme de voûte ; du stuc et du crépi
→ Des enduits qu'il faut faire dans les lieux humides
→ De la manière de peindre les murailles
→ De la manière de préparer le marbre pour de faire du stuc
→ Des couleurs naturelles
→ Du cinabre et du vif-argent
→ De la préparation du cinabre
→ Des couleurs artificielles
→ Du bleu d'azur et de l'ocre brûlée
→ De la céruse, du vert-de-gris et du minium
→ De la pourpre
→ Des couleurs qui imitent la pourpre. 

 

Menard-Darriet Dominique, "La Fresque", Paris, Fleurus, 1993.

 

Mora Paolo et Laura et Philippot Paul, "La conservation des peintures murales", centre international d’études pour la conservation et la restauration des Biens Culturels, Bologne, Editrice Compositori, 1977.

 

Frizot Michel, "Mortiers et enduits peints antiques"  études techniques et archéologiques, Centre de recherches sur les techniques gréco-romaines, Faculté des sciences humaines, université de Dijon, 1975.

 

Stefanaggi  Marcel, " La connaissance et la conservation des peintures murales", évolution des méthodes scientifiques d’analyses, dans Monumental, octobre 1997.

 

Laurent Jean-Marc, "La Fresque, création et restauration", Tours, D.Jeanson, 2000.

 

Cros Henry et Henry Charles, "L’encaustique et les autres procédés de peinture chez les anciens,  Histoire et techniques", Erec, Puteaux 1988.

 

  • Sitographie...

 

Aphorisme...

Ceci pour autoriser et provoquer d'autres pensées !

Aucune prétention...

Ne prétend pas tout dire...

 

 

Les lettres aux morts...

"Mais vois,

tu ne reconnais pas le bien que je (t') ai fait ;
et

j'écris pour faire prendre connaissance

de ce que tu commets...

Tu ne laisses pas mon esprit en repos,

mais je serai jugé avec toi,

et

on distinguera le faux du vrai...

Je plaiderai contre toi...

devant l'Ennéade qui est à l'ouest ;
et

l'on jugera entre toi et cette lettre..."
A. H. Gardiner-K. Sethe.

Egyptian Letters lo the Dead, pi. VII-VHI, passim.

Voir supra, n. 2, p. 21.

 

aimé

 

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Commentaires (2)

1. aime-jean-claude (site web) 26/04/2017

Merci beaucoup pour votre passage ainsi que la qualité de votre commentaire, un plaisir de vous lire prochainement... Bien amicalement.

2. el alfi abelraman 26/04/2017

chapeau comme toujours merci beaucoup

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